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Je m'appelle Luka, une fille d'apparence ordinaire.
Mais bon, je suis quand même un peu timide et je me laisse plutôt faire, n'osant que rarement m'opposer à ce qui me fait face.
Plutôt dirais-je que je suis sa mémoire, car ce qu'il reste de moi à présent ne seras plus jamais capable de vous restituer cette histoire avec un minimum d'exactitude.
Vous en verrez de toute façon la raison.
...
Comme à l'habitude lorsque le jour se lève je me réveille.
Je me couche vers des heures bien tardives profitant d'une nuit de discussion avec mes quelques amies en lignes.
Puis je me lève assez tard car mon emploie du temps est essentiellement concentré sur l'après midi.
Etre étudiante... C'est vraiment un luxe dont on ne peut profiter qu'une fois dans sa vie.
Comme à l'habitude chaque matin, je prend mon petit déjeuner.
Un pain au chocolat traine dans la cuisine.
C'est sans doute mon père qui est parti l'acheter à la boulangerie alors que je dormais encore.
Il à beau être alors 10 heure mon petit déjeuner m'est important, même juste avant un déjeuner qui s'en retrouve raccourci.
Mais ce jour là, il n'y a plus de jus d'orange.
Comme à l'habitude lorsqu'il n'y a plus de jus d'orange, je dois descendre dans la cave pour en rechercher.
Comme à l'habitude lorsque je dois descendre dans la cave, j'ai peur.
...
Cette peur m'est inexplicable, ceci étant, je m'efforce de faire avec.
Bien sur, ce n'est pour l'instant pas de la terreur, non, juste une petite peur que je ressens.
Je n'ai pas particulièrement peur du noir, je n'ai pas particulièrement peur des petits espaces clos.
Quand est ce que ça a commencé ?
Depuis toujours j'ai peur de la cave.
Mais dernièrement cette sensation est de plus en plus inconfortable.
Pourquoi ?
J'allume la lumière, je descend la première marche.
Je sens la tension monter dans ma poitrine, mon rythme cardiaque s'accélère.
Je continue de descendre dans la pièce mal éclairée et humide, j'attrape la bouteille que je venais chercher, et je remonte.
Je veux y rester le moins de temps possible.
Avant cela, je regarde rapidement en me retournant la pièce source de cette peur irrationnelle.
Cette pièce me laisse toujours une sensation de malaise.
On dirait qu'elle aime ça.
Mais qui ? Je ne sais pas.
Je remonte.
Je termine mon déjeuner.
...
"Cette pièce me fait de plus en plus peur".
Je dis ça, car, oui, je le sens.
La peur que je ressens en pénétrant cette pièce est de plus en plus grande chaque fois.
Ce n'est vraiment pas normal.
C'est différent de tout ce que j'ai jamais ressenti.
Je devrais en parler à mes parents.
...
Deux semaines plus tard.
Maintenant, c'est de la terreur que je ressens en allant dans cette cave.
Pour ranger des courses qui viennent d'être faites, je dois y descendre.
Je m'en serais bien passé.
Mais ma mère est là avec moi, ça me rassure un peu, normalement.
Elle me dit que je ne suis plus une gamine, que ma peur est irrationnelle.
Mes parents ne me croient pas.
Si ça se trouve c'est vrai.
C'est moi qui suit folle.
J'invente tout dans ma tête.
Ma vie est si tranquille que mon cerveau a besoin de s'inventer des problèmes pour être stimulé.
J'ai lu ça sur internet.
Lorsque l'on rêve, le cerveau nous place dans des situations que l'on ne rencontre pas habituellement.
...
Je descends.
Cette fois, la terreur que je ressentais les autres fois, qui montait graduellement, fut remplacée par de l'horreur soudaine.
En bas, dans un coin de la pièce, se trouvait un ver noir, une bête apparemment gluante, et se tortillant sur le sol.
J'en ai lâché les courses sur le sol, et par la même un cri de dégout et d’effroi mêlés.
Ma mère, soupirant, me demande ce qu'il pouvait bien encore m'arriver.
Je lui montre le coin de la pièce.
Elle regarde, se tourne vers moi. Ne réagit pas.
C'est alors que je comprends que cet endroit a vraiment quelque chose d'anormal.
Je reprends les courses, fais le rangement en tentant de cacher ma peur.
Je ne dis plus rien à mes parents.
...
De toute évidence, ma mère ne peut voir cette chose horrible.
C'est une abomination sans nom.
C'est impossible qu'un telle chose puisse exister dans la nature.
D'où peut-elle venir ?
...
Depuis cet évènement, j'évite le plus possible d'aller dans la cave.
A chaque fois, la bête sera là.
A chaque fois, la bête aura grandi. Toujours dans le coin.
...
Comment puis-je le savoir ?
...
Je reviens de deux semaines de vacances avec une amie.
Ces vacances m'auront quelque peu soulagée.
J'ai totalement oublié l'épisode avec la bête d'il y a quelques semaines.
Ou plutôt, je me suis efforcé de l'oublier.
Mais très vite mon angoisse à l'idée de revoir la bête est de retour.
...
Je dois ranger les courses dans la cave.
Cette fois, ma mère n'est pas là pour me rassurer.
...
Je descends la première marche.
Je sens la bête.
C'est la première fois depuis mon retour des vacances que je rentre dans la cave, je n'ai pas vu la bête depuis maintenant deux semaines.
Je dois vraiment descendre la seconde marche ?
Je sens la bête, elle m'a reconnu.
Je descends la troisième marche.
Un horrible bruit de poisse se fait entendre d'en bas.
La terreur m'emplit bien soudainement.
Je veux faire demi-tour.
Mais il est trop tard. Car la bête m'a senti.
Mes pupilles se dilatent, je transpire, j'ai chaud.
Vais-je avoir le courage de faire demi-tour ?
Je ne veux pas reculer.
Non. Je veux reculer.
C'est juste que je n'en ai plus la possibilité.
Mes jambes se déplacent toutes seules.
Si j'atteins la cinquième marche, là où l'escalier forme un angle, alors moi et la chose nous verrons. Je sais que je ne pourrais alors plus faire demi-tour.
Je descends sur la quatrième marche.
Je tremble, je pleure même.
Je descends sur la prochaine marche, la cinquième.
Mon visage est comme résolu, sans expression, mon regard vide se tourne vers la bête, qui a bien grandi en deux semaines.
Elle remplit maintenant la moitié de la pièce.
Une boule visqueuse géante, noire, brillante, comme vernie, remplissant la moitié de la cave.
Elle a des membres, une bouche, juste un trou, à peine plus grand que moi, s'ouvrant et se refermant avec un bruit d'éponge pressée.
Ses membres, d'énormes appendices visqueux se tortillent dans l'air lourdement, il doit bien y en avoir une dizaine.
Je ne pense alors plus à rien.
Je ne contrôle plus mon corps.
Et je m'avance, en direction du monstre, ses mouvements se ralentissent.
Sa face avant s'abaisse, il s’aplatit, comme attendant ma venue, m'invitant à venir sur lui.
L'odeur est nauséabonde mais je continue d'avancer.
Je fais le premier pas sur le monstre, posant délicatement mon pied sur sa chair noire gélatineuse.
Je fais un deuxième pas.
Déjà les appendices s'approchent de moi, des tentacules complètement lisses.
Ils se dirigent vers mes pieds, l'un d'entre eux frôle mes jambes, laissant un liquide collant, comme de la salive, sur ma peau, et tressailli à son contact.
Je continue à avancer.
Je me dirige vers sa bouche, qui s'ouvre lentement, tendue, impatiente à l'idée de me savoir avalée.
Il n'y a pas de dents. Tout n'est que matière molle.
J'entre dans la bouche, les tentacules se tortillent, je me retourne vers l'extérieur.
La bouche se referme, petit à petit, il fait maintenant noir, dans la bête toute sombre.
Le monstre m'avale, je m'allonge en lui.
Je ne suis pas sensée pouvoir respirer, pourtant, je le peux, comme si un organe quelconque me fournissait un apport en air me permettant de respirer.
L'intérieur de la bête comporte des tentacules, qui s'enroulent lentement le long de mes 4 membres, tels des serpents, et m'empêchent de pouvoir bouger.
Cela n'est de toute façon pas nécessaire, je n'oppose aucune résistance.
Mes vêtements sont arrachés, puis dirigés vers l'extérieur pour être recrachés.
...
Je suis maintenant nue.
La bête se déplace.
Où ? Elle remplit la moitié de la cave, il n'y a aucun moyen pour qu'elle puisse sortir en aucun endroit.
Elle se déplace, où ? Certainement dans un autre monde, tout comme il est impossible pour une telle chose de venir du même monde que le mien, nous retournons maintenant dans le sien.
La terreur que je ressentait est maintenant décuplée, je n'ai plus que ma pensée pour moi, impuissante.
Je le sais maintenant, nous ne sommes plus dans le même monde.
Les tentacules me frôlent, me touchent.
Cela me dégoute, je veux partir, ne rien voir, ne rien entendre. Mais je n'y peut rien.
Un petit tentacule brillant légèrement dans le noir approche, le bout est brillant, plus large.
Il se dirige vers moi, rampant.
Il s'approche de mon visage.
Pénètre dans mon oreille.
Une douleur intense, terrible, éclate dans ma tête.
Mais rapidement, soudainement, elle est remplacée par autre chose.
Du plaisir, cette chose me procure du plaisir.
Elle a du pénétrer dans mon cerveau, elle doit le modifier.
Bientôt, tout ce dont j'aurai envie seront ces tentacules.
Je ne pense plus qu'à eux.
Je veux... Qu'ils me le fassent...
Je veux qu'ils me caressent délicatement, je veux qu'ils me pénètrent, qu'ils me remplissent !
Mon corps tout entier devient source de plaisir.
Je ne ressens plus que cela.
J'ai l'impression d'être devenue une zone érogène tout entière.
Petit à petit, je recommence à pouvoir bouger à ma guise.
De toute façon, je n'ai plus envie de sortir.
Je n'ai plus peur.
Le petit tentacule rentré plus tôt dans mon oreille ressort, l'embout phosphorescent n'est plus là, arraché et resté dans mon crane, pour terminer mon éducation.
Gémissant, dans la joie, j'attrape un tentacule, je le gobe, il frémit, tremblant.
Un plus gros tentacule s'approche de moi, il a une ouverture, il est gros, et à l'air solide.
Je sais instinctivement quel sera son but.
Déposer ses oeufs.
Il me pénètre.
J'hurle de plaisir.
Jamais je n'aurais pu imaginer qu'un tel plaisir puisse être atteignable.
Il est gluant, possède quelque chose comme des anneaux.
Je vois les énormes oeufs approcher, de grand globules noirs et bleus.
Le tentacule grossit à leur passage, je peux suivre l'avancée des petits que je vais porter.
Un, deux, trois... Ce sont six de ces énormes choses qui entrent en moi.
Un fou rire s'empare de moi, mon ventre grossi par la progéniture me procure une douce sensation de bien être.
Un autre tentacule arrive, cette fois-ci pour me nourrir.
Je l'attrape et l'insère dans ma bouche, il se tend, durci.
Et propulse un liquide chaud et épais directement dans ma gorge.
Il se retire, un autre le remplace. Une bonne dizaine de fois.
Le temps s'écoule...
Pendant dix heures, dix jours ? Je perds toute notion des durées...
...
Je suis toujours assailli par des centaines de tentacules.
Le monstre doit avoir bien grandit alors.
Épuisée, je me fais trainer par deux appendices, j'ai du mal à respirer.
Je suis pourtant comblée, je ressens encore l'ivresse et l'euphorie que la chose m'a procuré.
Je suis emportée, soulevée, des tentacules s'enroulent autour de mon cou, autour de mon corps, la tête pendante.
Ca ne peut pas... être déjà terminé ?
Les tentacules continuent leur travail comme si ils répondaient à mon désir.
Au bout d'une semaine, mon ventre tremble.
Les tentacules m'écartent les jambes, comme par réflexe.
Et des vers sortent de moi.
Les oeufs ont éclos.
Les vers tombent, et s'éloignent.
Puis je suis à nouveau nourri..
Des oeufs sont une fois de plus déposées dans mon bas ventre.
Cela résume le reste de ma vie, je ne suis plus qu'un réceptable, une incubatrice pour les enfants de ce monstre.
Je suis son esclave.
Il me paie avec le plaisir.
Fin
A suivre
La fille de la cave
La fille de la cave.
Auteur : Pataplouf